Lallemand en Haute-Côte-Nord

 

170 ans de présence

 


Les deux enfants du couple Frève dit Lallemand/Pinel dit Lafrance seront sur notre territoire : Marie et Charles.

Charles arrivera très tôt dans l’histoire car lors de son mariage, en 1849, aux Escoumins il est dit journalier du lieu. Toutefois, aucune autre mention de sa présence n’a pu être trouvée auparavant. Penchons-nous un instant sur la présence de sa sœur Marie chez-nous, avant de voir l’histoire de Charles.


Marie Frève dit Lallemand
(27 novembre 1823 – La Pocatière / 19 février 1901 – Betsiamites)

Le 28 mars 1853, elle épouse l’Abénakis Pierre Jacques (~1804-1882), aux Escoumins, c’est son frère, Charles qui lui servira de témoin ainsi que Louise, son épouse. Les informations, très succinctes au sujet de Pierre Jacques, nous donne seulement les prénoms de ses parents, Pierre et Ursule.
Marie aura au moins deux enfants de cette union, dont Marc. Ce dernier épousera la fille de Paul Ross et Lisette Moreau. Pierre décède, aux Escoumins, alors que Marie a 58 ans.
L’histoire de Marie fait écho à l’ascendance Mi’kmaq de sa grand-mère, Marie Depau. Rares étaient les mariages entre une femme Blanche et un Autochtone.

Marie épousera, en secondes noces, 15 juillet 1890, Cyrille Martel, veuf d’Esther Caron et de onze ans son cadet. Cyrille étant le beau-frère de son frère Charles. Elle vivra avec lui jusqu’en 1901, année de son décès, à l’âge de 77 ans. Elle sera inhumée à Betsiamites. Il ne reste probablement plus de ses descendants dans notre secteur aujourd’hui.

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À l’origine de nos Lallemand, Charles
(6 mai 1825 – La Pocatière / 18 décembre 1868 – Les Escoumins)

C’est vers le milieu de la vingtaine que Charles traverse le fleuve afin de venir travailler au moulin de Têtu & Boucher des Escoumins. Il se lie alors d’amitié avec les Martel car on le retrouve rapidement comme parrain d’enfants Martel. C’est ainsi qu’il aura fait connaissance de la jeune soeur, Louise, à peine âgée de 18 ans. C’est d’ailleurs son beau-frère, Maximilien qui lui sert de témoin, à son mariage, le 28 août 1849. On parle de la famille de Jean-Baptiste Martel et Émilie St-Pierre.

«Journalier des Escoumins» lors de son mariage, on le dit aussi «homme de chantier», comme la famille est introuvable au recensement de 1851, on pourrait croire que nous sommes devant une «famille de chantier», comme c’était souvent la coutume alors. Ce qui implique qu’ils sont plus dans l’arrière-pays.

Premier moulin des Escoumins

En 1861, lorsque l’énumérateur débarque chez Charles et Louise, la famille commence à être nombreuse, Louise vient de mettre au monde son sixième enfant. Charles est naturellement dit journalier et contrairement à eux, les enfants sauront lire et écrire car ils fréquentent l’école. Il s’agit du seul recensement où la famille sera rassemblée sous le même toit. Après un court intermède à la scierie de l’Anse à l’Eau (soit Tadoussac) vers 1863, ils sont tous de retour aux Escoumins en 1865.

Charles et sa famille, aux Escoumins en 1861

La série noire…
À l’été 1867, débute une série noire pour les Lallemand avec le décès d’un fils, âgé de moins de deux ans. Quelques jours plus tard, Louise accouche de son dernier enfant, une petite fille, Aglaé. Cette enfant aura à peine le temps de connaître son père. Charles décèdera seize mois plus tard, à 43 ans, juste avant les fêtes, le 18 décembre 1868.

Louise se retrouve veuve, à 37 ans, avec huit enfants à charge. Une charge qui se réduira «comme une peau de chagrin». Dans les semaines suivant le décès de son mari, elle perdra deux enfants en deux jours, Pierre (7 ans) et Léa (5 ans). On peut même soupçonner qu’elle perdra son fils Jean-Baptiste au même moment. Né en 1858, il ne laisse aucune trace de son passage dans la famille à part un acte de baptême et une présence au recensement suivant*.


* Même si Les Escoumins bénéficiait d’un curé résident, ce dernier devait s’absenter souvent pour desservir les hameaux voisins. Une sépulture est si vite oubliée, surtout quand l’inhumation avait lieu en l’absence du prêtre.

 

Louise Martel, journalière
Trois ans après le décès de Charles, lors du recensement, la famille est toujours aux Escoumins. Louise est dite journalière, elle parvient donc à subvenir aux besoins de ses enfants, probablement épaulé par ses aînés, Joseph et Charles, qui ont déjà 20 et 18 ans.

L’année suivante, en 1872, un chantier important s’ouvre à Sault aux Cochons. La famille saisira rapidement cette nouvelle opportunité. C’est là que Joseph, l’aîné, prend épouse et Louise est aussi dite de ce lieu. Elle reviendra toutefois aux Escoumins car elle habite chez son fils, Charles, lors du recensement de 1881. Elle retournera néanmoins vers l’Est car c’est soit à Sault aux Cochons ou à Betsiamites qu’elle terminera ses jours. Louise décède le 1er mars 1888, à l’âge de 56 ans. Lors de son inhumation, à Betsiamites, elle est dite «de cette mission», ce qui est très floue quant à son domicile. Soit Betsiamites, soit Sault aux Cochons.

Reconstitution de la famille de Charles et Louise

Notez : Il nous manque plusieurs informations concernant cette famille vu leur présence sur le chantier de Sault aux Cochons, les registres du lieu ayant été perdu lors de l’incendie de l’église de Portneuf-sur-Mer, en janvier 1909. De plus, selon les apparences et multiples croisements d’information, il s’avère que Sault aux Cochons semble avoir été oublié (ou perdu?) lors du recensement de 1891.

Des neuf enfants qu’elle aura mis au monde, il reste, au moment de son décès, au moins les quatre ainés, dont trois fils. Pourtant, un seul perpétuera le patronyme Lallemand dans la région, Charles, qui porte d’ailleurs le prénom de son père et son grand-père.

Il épouse, le 21 juin 1880, à St-Paul de Mille-Vaches, Victoria Gagnon, fille de Victor et Elmire Fortin.

Reconstitution de la famille de Charles et Victoria Gagnon

 

Charles fait sûrement la rencontre de Victoria dans le secteur de Sault aux Cochons ou Portneuf. Il a 27 ans et elle 18, lorsqu’ils officialisent une union déjà consommée, vu la naissance d’une première fille six mois plus tard. Et Victoria, sans faillir, en ajoutera un, pratiquement tous les deux ans, à la table de Charles.

Et Charles, sans faillir lui non plus, déplacera sa famille, afin de pouvoir les faire vivre, de chantier en chantier. On les retrouve en 1881, aux Escoumins, avec une enfant et la mère de Charles. En 1891, ils sont fort probablement à Sault aux Cochons  tout comme en 1901 alors qu’il ne reste plus que quatre ou cinq familles et que le chantier est fermé depuis longtemps. Pourtant, Charles déclare alors un salaire annuel de 200$ comme journalier. C’est à ce recensement que la famille est enfin complète.

Il s’agit du dernier recensement où apparaîtra Victoria. Elle décèdera, on ne sait quand, dans les années suivantes, à l’âge d’environ 77 ans. Par la suite, on retrouvera Charles au Moulin Bersimis, avec trois de ses enfants, Charles, Médéril et Alexina. C’est là qu’il décède, à l’âge de 58 ans mais il sera inhumé à Portneuf, probablement tout près de Victoria.

Même si le patronyme Lallemand est plutôt rare, de nos jours, en Haute-Côte-Nord, ils sont présents dans la généalogie de certaines familles Girard (souvent plus à l’Est), Lepage (particulièrement à Portneuf) et Manning.



 

 

 

 

 


Pssst!
La langue française, si belle et si précieuse, demeure néanmoins ardue à écrire. Si vous voyez des fautes, s.v.p., ne vous gênez pas de commenter afin de les souligner. Merci!

1 commentaire sur “Lallemand en Haute-Côte-Nord

  1. Jacques Proulx

    Bonjour,
    Merci pour TOUT…
    Comment faire pour copier sur mon ordi tous ces dossiers qui me sont très utiles, voire essentiels, pour mes recherches sur mes ascendants de la Côte-Nord que j’ai commencées depuis peu, car j’en ignorais l’existence
    Merci, et je ne sais comment vous dire… mes regrets de voir disparaître les fruits de votre travail… tout cela tombera-t-il dans l’oubli définitif ? Pourtant votre moisson était si abondante… et elle va se perdre ??
    Jacques Proulx
    Rimouski

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