Née dans le temps d’une paix

 

Avant-propos

Loin de l’histoire, mais si près, ces mots se sont imposés, au coeur de l’actualité. J’ai eu le goût de les partager avec vous. Demain, tout ça sera de l’histoire….

***

 

J’ai 53 ans, je suis née dans le temps d’une paix… Enfin, je crois.

Oui! Oui! C’est bien celui de ma paroisse!

Issue de gens nés en temps de guerre, à cheval entre Tranquille et Boomers. Ce qui fait de moi une X y paraît. Je ne me reconnais pas dans la description qu’on en fait, je suis quelque chose entre Boomer et X… une génération de transition dont les statisticiens ne savent que faire. Encore élevée à l’eau bénite, dans un bénitier en voie d’assèchement, nous serons les témoins des répercussions de Vatican II. En pleine crise, nous fûmes les adolescents à qui on demandait de choisir un futur. Mais écrire un futur post-boomer, ou réaliser un film de science-fiction, c’est utopique à 16 ans.

Bénissez-moi, mon Père, parce que j’ai péché. Je confesse à Dieu Tout-Puissant, je reconnais devant mes frères, que je suis en train «d’opignionner». Moi qui avait juré de ne jamais faire ça!

 

Les événements récents me font réaliser que la génération des Milléniaux n’ont jamais connu et ne connaitront jamais le monde dont je suis le produit. Comme une poule n’a aucune idée de l’environnement des dinosaures. Et n’a aucun besoin de le connaître. Ils n’auront jamais manipulé la musique avant de l’écouter; la musique, c’est juste fait pour toucher. Ne connaîtront pas l’attente d’un appel téléphonique, avec un fil qui s’étirait pour préserver l’intimité. Encore moins l’aspect rassembleur de faire partie des 3.5 millions de personnes à voir Émilie se faire cruiser par le beau Ovila… à la même heure, au même poste.

 

Débranchée
Débranchée je suis, en ce temps pandémique, où je survole de ma souris les hastags et les malaises de plus en plus nombreux sur mon écran; 32 pouces de désolations conspirationnistes et radicales. Je reste quand même à l’affût de l’actualité avec la télévision, journaux et autres médias qui ne me représentent plus. Tous en harmonie avec la maladie du clickbait. Ce piège à clics à qui l’on vend notre âme pour gagner quelques likes et ainsi devenir promoteur de la saveur du jour ou nourrir la bête qui nous tue.

 

L’évolution technologique a même perdu plusieurs de mes semblables en chemin. À jamais tyrannosaures devant le dictat des réseaux sociaux et autres cataclysmes de l’ère numérique. Ils vivent dans un monde parallèle, sans mot de passe à sept caractères dont une Majuscule et deux autres caractères (soit la débilité de Facebook et l’incongruité d’Instagram). Mais qui a vraiment besoin d’écrire sa vie en 140 caractères? Nous avions déjà les 255 caractères ASCII qui faisaient très bien le travail.
Je déborde!
Je suis «rouge Pantone», 218-41-28, totalement avalée par mon clavier.

La bête
Mais comment en suis-je arrivée là? Du haut de mon petit 53, qui est possiblement le nouveau 40 si on suit la tendance. J’ai assisté à l’arrivée de cette bête qu’est Internet. Je l’ai nourri. Quoi qu’on en pense, un peu à l’image d’un virus, Internet n’existe pas par lui-même, il a besoin de notre oxygène, de notre sang, de notre vie pour exister. Ainsi devient-il le reflet de ceux qui le nourrissent.

 

Et en ce temps de COVID-19, il reflète la folie d’une droite tellement extrême qu’elle dérive dans le champ gauche de la raison. Édulcoré, oeuvre de puritains croyant réécrire l’histoire et réinventer le monde. Alors qu’ils ne font que rejouer une fade version de l’Inquisition et de la censure religieuse. Leur puritanisme inculte balayant, sous un fade tapis, les poussières parsemant notre histoire collective. Où chaque réplique devient violence si contraire à leur intellectualisation d’un monde «Spic and Span».

 

Le temps d’une paix*
Je suis née dans le temps d’une paix et je vis dans le temps d’une guerre. Non pas la guerre à la COVID-19, non, la guerre contre tout ce qui n’est pas lisse. Tout ce qui dépasse et froisse les esprits frileux rêvant d’un monde aseptisé où tout sera d’une blancheur immaculée… avec bien des gens de couleurs, ne les oublions pas, ils sont la saveur de la semaine!

«L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux
et les gens sensés pleins de doutes.»
– Bertrand Russell –


*Le temps d’une paix est recommencé à Artv! Patrice Roy et Pierre Bruneau peuvent facilement vivre sans nous!

 

 

 

 

 


Pssst!
La langue française, si belle et si précieuse, demeure néanmoins ardue à écrire. Si vous voyez des fautes, s.v.p., ne vous gênez pas de commenter afin de les souligner. Merci!

1 commentaire sur “Née dans le temps d’une paix

  1. Louise Daunais

    Ouin, t’en avais long à opignonner à matin. Je suis d’accord avec toi sur pas mal tout par exemple. On ne peut plus rien dire, rien faire, sans que quelqu’un quelque part trouve que c’est pas correct.

    Répondre

Laisser un commentaire