Restons dans le jaune!

 

Enfin l’automne!

ENCORE en train «d’opignionner» ?
Deuxième fois en l’espace de quatre mois!
Diantre!

 

Vendredi après-midi, 21 août 2020. Le soleil brille, magnifique journée d’été, parfaite pour une marche dans mon habituel sentier. Mon bellissime m’attend tout au bout, comme un cadeau, une grâce que la nature m’offre en échange de mes efforts. Le fleuve apparait enfin, grandiose… et entouré de véhicules récréatifs, de touristes installés avec leur chaises bloquant les sentiers pour descendre sur les crans.

Je contourne, j’escalade et enfin, je me déniche un endroit où ma vue, panoramique, n’est interrompue que par Trois-Pistoles de l’autre côté de la rive. Le bruit de l’eau sur les rochers, un souffle de petit rorqual dont je ne perçois pas la provenance et les oiseaux, qui en ont long à dire. C’est parfait, j’y passerai une heure à admirer mon majestueux, mon sublime, mon St-Laurent.

S’élève alors une voix féminine. Ah! Je n’avais pas vu ce couple un peu plus loin, la dame, assise sur son rocher, clame : «Quand je pense qu’on s’est donné rendez-vous ici! Dire qu’on pourrait être dans un beau restaurant au lieu de ça. On est mal assis en plus! Qu’est-ce qu’on fait ici!? Dire qu’on aurait pu être dans un beau restaurant…» Ainsi, sans fin, toujours le même refrain, de plus en plus fort, pour enterrer le son de la mer et le chant des oiseaux. «Au lieu de ça»? Elle parle ainsi de mon bellissime, mon St-Laurent? Qui est-ce? Elle ne mérite sûrement pas le siège que la nature lui a réservé dans MON pays.

Serons-nous la prochaine cible?
La situation, en 2020, apporta une toute nouvelle «clientèle touristique» sur la Côte-Nord. On se consolera, la Gaspésie a vu pire. Mais est-ce une consolation? Qu’on le veuille ou non, cette pandémie ne s’achève pas et il serait surprenant qu’on puisse voyager bien loin à l’été 2021. Serons-nous la prochaine cible?

À voir les efforts des villages et des villes pour accueillir ce débordement «de campeurs improvisés», je crains que certains détails échappent aux élus. Notre région convient à une certaine catégorie de touristes. Comme dit l’amie qui aime faire des phrases : «un tourisme de niche». Bien loin de ceux qui chient par terre en plein milieu du village. Ou de ceux qui osent repeindre les murs de notre toilette publique avec le même produit. Oui!* Vous savez les emmerdeurs, non pas au sens figuré, mais les vrais. Comme cette dame qui arrêta une connaissance pour lui demander : «Mais! Comment faites-vous pour vivre ici!? Y’a juste une épicerie et rien à faire!» Soupir! «Quand ta vie se résume à aller magasiner, choisis une autre destination vacances que la Côte-Nord, ton bonheur n’est pas ici, je te l’assure madame!»

Vue sur la mer(de), en plein coeur du village!

* Disons les choses comme elles sont. Oui! Quelqu’un a cru bien de garnir les murs de notre toilette publique de ses excréments.

 

C’est bon pour l’économie!
On l’a entendu dans la bouche de nos élus et des organismes touristiques : «C’est bon pour l’économie!»

Demandons l’idée des employés qui ont fait le ménage derrière ceux qui cochonnaient le plancher, si c’était bon. Sans parler des «campings» gratuits où les «Winnebago» et autres «cambuses» s’alignaient dans la garnotte.

C’est pour le «voyageur économe», cuisinant sur son petit réchaud, sur la table de pique-nique de la municipalité avec vue sur l’épicerie locale, que l’avantage existait. Ce voyageur, prévoyant, qui avait dévalisé le Costco et le Wal-Mart avant de partir. Bien installé dans le derrière de son panel, il/elle se cuisinait un petit gueuleton avec une vue imprenable sur le fleuve, qu’il/elle appréciait ou non.

Du jamais vu ici!

Ou comme ces deux jeunes femmes cherchant à tout prix un «stationnement gratis» pour leur tente. Et tout ça dans la plus grande improvisation. À croire que le «voyageur économe» se leva un matin, ramassa sa valise, s’arrêta chez Costco et/ou Wal-Mart et gambada joyeusement jusqu’ici sans se soucier de faire une seule réservation : Les reculés des régions ne doivent même pas savoir c’est quoi «une réservation».

LA «Twitt» de trop!
Ici, nous n’avions pas besoin du twitt de Jean-Charles Lajoie, en avril dernier, pour comprendre que les gens des grands centres méprisent les «imbéciles heureux en région» plus souvent qu’autrement. Nous habitons, comme disait si bien feu Jacques Lorain (papa de Danièle et Sophie), une région «où la terre est rallongée avec des planches»*, acceptons le. Donc, point de salut, arrivé au traversier, y’a pu de route! Ce qui explique notre condition d’«imbécile heureux» possiblement.

*«Là où la terre est rallongée avec des planches». J’adore! C’est tout à fait nous! Notez qu’il n’utilisait pas ce terme pour la Côte-Nord mais pour parler d’un lieu éloigné.

«Imbéciles heureux en région»! Notons que l’auteur s’excusa par la suite.

Je croyais avoir fait le tour des insultes que nous pouvons lire régulièrement sur les réseaux (as)sociaux :

Nous sommes xénophobes de vouloir épargner à la région le cataclysme montréalais (et québécois depuis la 2e vague).
«Imbéciles heureux» de vouloir protéger notre population vieillissante et nos Premières Nations.
(Oui! «Nos» Premières Nations. Comme nous dirions, respectueusement et amicalement, «nos» voisins.)
Paranoïaques de s’inquiéter du déferlement des gens des «zones rouges» depuis quelques semaines.
Parasites de vivre au crochet du gouvernement, car c’est connu, les régions regorgent de chômeurs.

Et bien non! Il nous manquait encore un élément à leur mépris. Historiquement parlant, le «Maintenant ou jamais! Maîtres chez nous!!!» de Jean Lesage, qui donna naissance aux grands chantiers hydro-électriques du siècle dernier, est en fait la réponse!

Oui! Oui! Les régions appartiennent aux Montréalais! Elles existent pour les divertir! Une habitude acquise avec les Laurentides possiblement? Nous sommes des serviteurs servant à les nourrir et les décrotter quand ils daignent passer chez-nous.

Vous ne me suivez pas?
(c’est «comprenable»!)
Cet échange sur Twitter va vous aider, vous allez adorer!

J’ai cru bon caviarder mon nom et celui de la Saguenéenne qui démarra la conversation. Contrairement à moi, elle n’a pas insisté très longtemps, elle a même fini par supprimer ses interventions… je viens de suivre son exemple d’ailleurs. Par contre, j’ai laissé le nom de la sommité en économie hydro-électrique. Celle qui regarde possiblement la grande tour à bureaux d’Hydro, rue Fullum à Montréal, croyant que ça lui appartient?

Son arrogance, n’ayant d’égale que sa méconnaissance de la situation, explique-t-elle certains gestes disgracieux auxquels nous avons eu droit jusqu’à l’Action de Grâces chez-nous? Quand une partie de la population, entassée sur une île, débarque dans nos grands espaces, en se sentant «propriétaire», on ne peut que ramasser la marde derrière eux. Que voulez-vous, on leur appartient!

Les amis de Monsieur Trump?
Harpie, emmerdeur, irrespectueux, avare, méprisant et arrogant. Ce portrait de la «clientèle touristique» n’est pas complet, il faut l’avouer. J’ai en mémoire ces dames, cherchant une curiosité touristique. Tellement sympathiques, je me suis invitée à bord afin de les conduire. Ou ces autres avec qui j’ai parlé près d’une heure sur l’histoire du coin. Que dire de ce couple, débarquant au parc avec leurs deux boxers, j’ai fondu de bonheur à jaser chiens! Des gens habitués au coin, du moins aux régions. La catégorie «tourisme de niche» dont j’ai parlé plus haut. Comme Michel, ce gars connu sur Twitter, qui rêve de venir s’asseoir avec moi, au bord du fleuve… juste pour se laisser bercer par tant de beauté.

La nouvelle «clientèle touristique» de 2020, dont il est question dans ce texte… Ce sont possiblement des habitués des côtes du Maine de Monsieur Trump? J’vois pas autre chose!

 


 

Finalement…
Il faudrait peut-être revoir nos invitations
lors de la promotion de nos attraits touristiques.

Pour paraphraser François Legault :
En inviter moins, mais en prendre soin.

 

 


 

AVIS À LA GANG QUI NE CROIT PAS EN LA PANDÉMIE :
Les commentaires de ce blog sont soumis au modérateur.
Ne vous fatiguez pas pour rien.

 


 

 


Pssst!
La langue française, si belle et si précieuse, demeure néanmoins ardue à écrire. Si vous voyez des fautes, s.v.p., ne vous gênez pas de commenter afin de les souligner. Merci!

1 commentaire sur “Restons dans le jaune!

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